Gwenaëlle Goude - Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique - CNRS Aix-Marseille

 

Femmes et alimentation dans les premières sociétés agropastorales (Ve - IIIe millénaires av. J.-C., France) : une approche bio-anthropologique

 

 

Gwenaëlle Goude

Les activités de recherche de Gwenaelle Goude sont tournées vers l’Homme, sa biologie et ses comportements au cours du temps. L’alimentation, sa variabilité intra- et inter-populationnelle et diachronique et ses conséquences sur les sociétés préhistoriques et leur milieu, constituent le cœur de ses travaux. Son approche, anthropologique et bioarchéologique, privilégie l’utilisation des marqueurs biochimiques sur des tissus humains en contexte archéologique tout au long d’une période de temps couvrant l’ensemble de la Préhistoire récente (transition Mésolithique-Néolithique à l’Age du Fer ; ca. 9000-500 BC), principalement en Méditerranée occidentale et également dans certaines zones d’Europe.

 

 

Projet de recherche « Femmes et alimentation dans les premières sociétés agropastorales (Ve - IIIe millénaires av. J.-C., France) : une approche bio-anthropologique »

 

 

Le statut et la place des femmes dans nos sociétés est un sujet largement débattu qui suscite encore de nombreuses réflexions et questionnements aujourd’hui. Le rôle des femmes, tant au niveau de la maternité qu’au niveau économique et social a suivi une évolution au fil de l’histoire en lien avec les contextes culturels propres à chaque période et lieu géographique. Si celui-ci est documenté en Europe occidentale et en France pour les périodes antiques et historiques, peu de données et de discussions sont en revanche disponibles pour les périodes plus anciennes.

 

L’alimentation est un marqueur privilégié des relations socio-économiques et culturelles et un indicateur de l’état de santé de l’individu. Son étude, en particulier en Préhistoire où les sources écrites sont absentes, est l’une des approches essentielles pour comprendre l’adaptation de l’espèce humaine à son environnement naturel et anthropique. Le lien entre alimentation et place des femmes dans une société peut par conséquent définir l’impact de la nourriture dans la construction sociale (importante ou pas, égalitaire ou non) et ses répercussions sanitaires potentielles.

 

Le projet proposé vise à documenter ces questions sur les premiers groupes humains expérimentant l’élevage et l’agriculture (Ve-IIIe mill. av. J.-C.) à travers l’étude multidisciplinaire de quatre sites archéologiques situés dans des zones géographiques présentant des environnements naturels différents, entre le nord et le sud de la France.

 

Dans un cadre de recherche bioarchéologique, l’alimentation est abordée grâce à différentes analyses effectuées directement sur les restes humains (biochimiques, ostéologiques et dentaires) et sur leur environnement économique et naturel local (archéobotanique, parasitologique, archéozoologique). Il s’agira notamment de discuter la variabilité des protéines consommées (poisson vs. viande) et les modes de cuisson, de mettre en évidence les différentes (ou non) pratiques alimentaires selon le milieu et de répertorier les impacts sanitaires (bucco-dentaire, voire postcrânien). En complément des études ostéologiques, l’analyse génétique permettra d’augmenter le corpus de sujets sexés. Femmes, hommes et enfants sont comparés afin de déceler les particularismes des premières. Une approche sur l’origine géographique (biochimique) sera également tentée pour voir si les choix alimentaires peuvent être liés à un statut endogène/exogène des femmes dans ces sociétés. Ce projet a l’ambition d’aller au-delà de travaux initialement menés par l’équipe sur l’alimentation et les relations socio-économiques, environnementales et biologiques des premiers agropasteurs d’Europe de l’Ouest. Les résultats feront certainement échos à notre société actuelle au-delà de sa mondialisation.