Si le développement et la croissance de l’enfant sont fortement orientés par son patrimoine génétique, l’influence de ses conditions de vie in utero sur son développement futur est aussi clairement démontrée. Le fœtus, uniquement dépendant des apports maternels, est exposé aux défauts et/ou excès nutritionnels de la mère. Il est protégé par le placenta qui régule quantitativement et qualitativement les transferts fœto-maternels. Une altération de ces transferts nutritionnels par dysfonctionnements placentaires peuvent conduire à des pathologies obstétricales présentant des conséquences non négligeables sur le développement futur de l’enfant.
Certaines molécules, comme les rétinoïdes et oxystérols respectivement dérivés actifs de la vitamine A et du cholestérol, peuvent réguler l’expression de gènes. Si leurs rôles physiologiques sont bien décrits au sein du développement embryonnaire, leurs implications métaboliques et moléculaires au sein du placenta sont encore mal connues.

 

L’objectif du projet du Dr Sapin et de son équipe est de définir un modèle d’interactions placentaires des rétinoïdes et des oxystérols pour étudier la physiopathologie de maladies obstétricales à composante placentaire comme la pré-éclampsie, les retards de croissance in utero ou le syndrôme alcoolique fœtal. L’étude portera sur des échantillons prélevés chez des grossesses normales, des cas de retard de croissance in utero, de pré-éclampsie et de syndrome alcoolique.

 

En utilisant des méthodes classiques d’exploration biochimique (HPLC, Western-Blot, immuno-analyse), l’équipe étudiera, pour la composante “rétinoïdes”, si une altération de l’homéostasie sérique maternelle peut avoir des liens avec la survenue des pathologies obstétricales (étude de la composante “ligand”). Parallèlement, des gènes cibles des rétinoïdes et des oxystérols seront recherchés pour déterminer quels mécanismes placentaires sont régulés par ces deux types de ligands grâce à un contrôle de l’expression de gènes cibles d’expression placentaire. Par la suite, l’expression de ces gènes cibles dans un tissu placentaire normal sera confrontée aux taux d’expression dans les placentas issus de pathologies obstétricales (étude de la composante “gènes”).

 

A terme, des stratégies diagnostiques, thérapeutiques et préventives pourront être proposées afin de lutter contre les anomalies gestationnelles issues de l’altération de ces deux grandes voies nutritionnelles. Elles pourront ainsi permettre de préserver le nouveau-né de stress in utero pouvant avoir des répercussions longues à corriger lors de son développement et de sa croissance ex utero.