L’obésité (excès de masse grasse) résulte à la fois de l’augmentation du volume des cellules adipeuses matures (hypertrophie) et du recrutement de nouvelles cellules adipeuses, à partir de précurseurs adipocytaires (hyperplasie). Cette hyperplasie du tissu adipeux dépend directement de la richesse en lipides du régime alimentaire. Elle est contrôlée par différents facteurs hormonaux mais également par des facteurs locaux, produits au sein même du tissu adipeux. Les PLA2, impliquées dans de nombreux tissus dans la production de facteurs trophiques et dans la prolifération ou la différenciation cellulaire, pourraient avoir un rôle déterminant dans la prolifération des cellules adipeuses induite par un régime hyperlipidique.

 

La première partie de ce travail a permis d’établir pour la première fois la nature des PLA2 adipocytaires et d’établir leur rôle dans le développement du tissu adipeux. Cinq types de PLA2 ont été caractérisées: deux PLA2 cytosoliques (la cPLA2 et la iPLA2); et trois PLA2 sécrétées, (la I, la II et la VPLA2). Parmi ces enzymes, la cPLA2, exprimée de façon plus importante par les préadipocytes, s’est révélée être étroitement liée aux mécanismes de prolifération adipocytaires, contrairement aux autres PLA2. Un taux plus élevée de IPLA2 dans l’adipocyte mature a également permis de suggérer un rôle prépondérant de cette enzyme dans la différenciation adipocytaire, mais cette hypothèse reste à vérifier. En parallèle à l’étude in vitro, Astrid Rey a mené une étude in vivo, pour étudier l’implication des PLA2 dans l’hyperplasie induite par un régime hyperlipidique. L’expression des PLA2 a donc été suivie par RT-PCR chez des souris transgéniques (Tg) (modèle in vivo d’hyperplasie) et sauvages (FVB/N) soumises durant 1, 5 ou 8 semaines à un régime gras. Ce travail a révélé que l’augmentation de la masse adipeuse observée en régime gras est corrélée de façon significative à une augmentation de l’expression de la VPLA2, sans que l’expression des autres PLA2 soit affectée.

 

L’ensemble de ce travail a permis d’une part, de caractériser les PLA2 adipocytaires, et d’autre part, d’établir le rôle de ces enzymes dans le développement du tissu adipeux: la cPLA2 et la IPLA2 apparaissent étroitement liées au développement physiologique du tissu adipeux, alors que la VPLA2 est associée au développement pathologique de ce tissu. La confirmation d’un lien entre augmentation pathologique de la masse adipeuse et VPLA2 permettrait d’envisager cette enzyme comme une cible de choix pour le traitement de l’obésité nutritionnelle.