Ce projet développé en collaboration avec le Dr Nick Wareham, le Dr Ken Ong et le Pr David Dunger de l’Université de Cambridge, se situe dans le contexte d’un intérêt croissant de la recherche épidémiologique pour les déterminants précoces de la santé. En effet, de nombreuses études ont montré une association entre le poids de naissance et des pathologies de l’individu à l’âge adulte, telles que le diabète. Une première hypothèse pour expliquer cette relation serait l’existence d’une effet à long terme de l’environnement nutritionnel intra-utérin, mais certains auteurs privilégient l’hypothèse d’un rôle majeur joué par des facteurs génétiques.

 

Ces deux approches sont en fait imbriquées : l’influence de l’environnement intra-utérin sur la croissance fœtale et post natale de l’enfant dépend de l’environnement nutritionnel pendant la vie fœtale et donc du métabolisme de la mère, lui-même soumis à une régulation par les gènes. Les gènes soumis à empreinte attirent particulièrement notre attention, car ils sont majoritairement impliqués dans la croissance fœtale et le poids de naissance de l’enfant. Par exemple la région du gène de l’IGF2 est impliquée dans un syndrome de sur croissance fœtale, le syndrome de Beckwith Wiedemann (BWS).

 

L’objectif de ce projet de recherche est de mieux identifier les variants génétiques de cette région et de les étudier en relation avec la croissance pré et post natale de l’enfant et le métabolisme du glucose de la mère pendant la grossesse. Pour cela, je disposerai des données d’une sous-cohorte de l’étude ALSPAC pour laquelle 848 enfants ont été mesurés à la naissance et régulièrement jusqu’à l’âge de 5 ans. Les données d’une cohorte d’enfants de Cambridge pourront aussi être analysées. Pour ces deux cohortes, des échantillons d’ADN ont été collectés. Les facteurs relatifs à la croissance pré et post natale que nous allons étudier en relation avec le génotype et certains facteurs maternels sont le poids, la taille et le tour de tête, à la naissance et dans les 5 premières années de vie, ainsi que l’évolution de chacun de ces paramètres au cours de cette période.

 

Les déterminants maternels de la nutrition fœtale seront en particulier le poids de la mère et sa sensibilité à l’insuline en début et en fin de grossesse. Tout d’abord, je me formerai et participerai à l’identification des variants génétiques et à la réalisation des génotypages nécessaires à l’étude, en collaboration avec les laboratoires de biologie du MRC et du département de Pédiatrie. J’effectuerai ensuite les analyses statistiques appropriées et en rédigerai les résultats dans l’objectif d’une publication. Ce stage post doctoral me permettra d’approfondir une formation déjà engagée dans le domaine de l’épidémiologie de la croissance pré et post natale. A mon retour en France, je pourrai mettre pleinement à profit cette expérience en travaillant sur le thème des déterminants de la croissance précoce de l’enfant dans l’étude EDEN (Etude des déterminants pré et post natals du développement de la santé de l’enfant, mise en place par MA Charles), dont le recrutement a commencé en février 2003.