L’obésité infantile est aujourd’hui une problématique de santé publique de grande envergure. Les conséquences néfastes de l’obésité de l’enfant sur le système cardiovasculaire ont été largement étudiées. Cependant, l’analyse de ses répercutions sur la croissance osseuse a fait l’objet de peu de recherches. Or, l’enfance et l’adolescence représentent une période cruciale pour la minéralisation du squelette et par conséquent pour la prévention de l’ostéoporose à l’âge adulte.

 

Dans cette optique, l’objectif de notre projet est d’étudier les effets des apports nutritionnels et de l’activité physique sur la croissance osseuse, la composition corporelle et le métabolisme lipidique chez l’enfant obèse pré-pubère.
En effet, chez l’enfant obèse, la fonction endocrine du tissu adipeux (leptine, adiponectine) est peu documentée. La leptine, dont la concentration est plus élevée chez l’enfant obèse pré-pubère, serait impliquée dans la régulation du métabolisme osseux. De plus, il semble que les enfants obèses consomment trop peu de calcium, qui est le principal minéral de la matrice osseuse. Les enfants obèses sont également plus sédentaires que les enfants témoins. Or, les contraintes mécaniques induites par l’exercice physique sont connues pour favoriser l’accrétion osseuse. De plus, l’exercice physique permet d’améliorer le profil métabolique des sujets. La masse osseuse n’explique que 60 à 70 % de la variabilité de la résistance mécanique de l’os. La microarchitecture osseuse trabéculaire, qui peut être appréciée grâce à l’analyse de texture sur radiographies, est également un élément à prendre en compte. Cependant chez l’enfant obèse pré-pubère, peu d’études longitudinales se sont intéressées aux effets de l’alimentation et de l’entraînement physique sur la masse osseuse, et à notre connaissance, aucune n’a évalué les impacts de ces facteurs sur la microarchitecture osseuse.

 

Soixante enfants obèses pré-pubères (garçons et filles), âgés de 8 à 12 ans, seront recrutés dans le cadre de ce projet. Trente enfants seront entraînés pendant 6 mois, à raison de trois séances d’une heure par semaine, et trente enfants non entraînés constitueront le groupe contrôle. Des investigations sur le tissu osseux seront menées afin d’analyser la croissance osseuse de ces enfants, et plus précisément, la densité minérale osseuse, la microarchitecture osseuse (analyse de texture sur radiographies) et la qualité du remodelage osseux. Une analyse critique du comportement alimentaire (calcium, vitamine D, phosphates, glucides, lipides, cholestérol) et de l’activité physique sera réalisée, en envisageant leurs effets sur le profil métabolique et hormonal (leptine, insuline, adiponectine, stéroïdes sexuels, IGF-I, triglycérides), la composition corporelle et la croissance osseuse.

 

Cette étude permettra de comprendre les aspects physiopathologiques associés à l’obésité de l’enfant et permettra d’ouvrir de nouvelles voies de recherche dans le traitement et la prévention de l’obésité infantile.