Les études familiales de consommation alimentaire portent essentiellement sur les apports en énergie et nutriments et ont principalement été effectuées dans les pays anglo-saxons. Il existe en général une ressemblance des apports au sein des familles s’expliquant principalement par la transmission culturelle de parents à enfants. Actuellement, la composante génétique déterminant le comportement alimentaire, par le biais des goûts et appétences est considérée comme négligeable. Il ne faut toutefois pas exclure des influences génétiques liées à des facteurs comportementaux généraux, alimentaire (métabolisme de la sérotonine) ou à la régulation du bilan énergétique (leptine et son récepteur). De telles influences n’ont pu être mises en évidence jusqu’à présent parce qu’elles agissent vraisemblablement en interaction avec l’environnement.

 

Le projet de Bernard Herbeth et de son équipe a pour but de décrire les apports alimentaires d’enfants et de rechercher les facteurs associés à cette consommation (facteurs individuels et familiaux). Les relations entre la consommation alimentaire et les indices de corpulence seront évaluées à l’aide des données transversales et du suivi sur 5 ans d’un échantillon. Enfin, l’effet conjoint et l’interaction éventuelle de polymorphismes génétiques candidats et de l’alimentation sur l’évolution des paramètres de corpulence à 5 ans seront estimés.

 

L’étude portera sur 200 familles (soit 400 enfants de 10 à 20 ans) de la Cohorte STANISLAS venues passer un bilan de santé au Centre de Médecine Préventive de Vandoeuvre-lès-Nancy en 1994-95 et en 1999-2000. En plus des examens standard du bilan de santé, ces familles ont rempli un questionnaire alimentaire et des données spécifiques seront recueillies : polymorphismes de différents gènes (leptine, récepteur de la leptine, récepteur de la sérotonine, promoteur du gène du transporteur de la sérotonine) et taux de leptine sérique.

 

A l’issue de cette étude, l’équipe disposera de données précises sur la consommation alimentaire des enfants, ainsi que sur les facteurs déterminants individuels et familiaux associés : socio-économiques, culturels et de mode de vie. Le deuxième volet portera sur les répercussions en terme de corpulence en interaction ou non avec les polymorphismes des gènes impliqué dans le métabolisme de la sérotonine et/ou de la leptine.