“L’étude des déterminants de l’apprentissage alimentaire dans trois systèmes culturels très différents pourra permettre de mieux cibler les stratégies d’interventions sanitaires, nutritionnelles, sociales ou éducatives”

 

La variabilité des pratiques alimentaires selon les cultures a fait l’objet d’une abondante littérature, essentiellement tournée vers les notions de préférences alimentaires et de traditions culinaires. Mais la prise de nourriture est avant tout un acte social, répondant à des règles précises, comme la manipulation de la nourriture, les horaires des repas ou les postures corporelles. Celles-ci sont acquises à la période des apprentissages précoces, pendant les 3 ou 4 premières années de vie, par interaction de l’enfant avec son environnement humain.

 

Comprendre la mise en place des comportements alimentaires nécessite donc l’étude conjointe de l’aspect alimentaire et social de la prise de nourriture, tout au long du processus de socialisation de l’enfant.

 

Cette étude comparative, dans trois cultures aux habitudes alimentaires très contrastées, permettra de tester le caractère général des théories sur la socialisation et le rôle de l’environnement dans les processus d’acquisition des comportements alimentaires. Elle portera sur des enfants de 6 à 36 mois suivis sur une période de 6 à 18 mois et observés dans leur contexte quotidien. En situation de prise alimentaire, les interventions verbale et physique des adultes et les interactions enfant-adulte seront soigneusement analysées.

 

Enfin, des entretiens avec les mères permettront d’étudier la manière dont les adultes explicitent et valorisent les compétences de l’enfant ainsi que leurs stratégies éducatives.