Prix Alimentation et Santé 2007

 

La progression de la prévalence de l’obésité dans les pays occidentaux pose un vrai problème de santé publique. En termes de prévention et de prise en charge, une catégorie spécifique retient l’attention : les enfants issus de familles défavorisées.

 

En France, différentes études publiées établissent clairement une progression de la prévalence du surpoids et de l’obésité de l’enfant durant la décennie 1990-2000. La différence de prévalence de surpoids et d’obésité des enfants en fonction du statut économique de leurs parents est bien documentée dans la littérature.

 

En ce qui concerne les enfants, dans la suite de la mise en place du programme national nutrition santé (PNNS), un certain nombre d’actions de prévention, de dépistage et de prise en charge ont été mises en place. Tous les acteurs de terrains constatent que les populations défavorisées sont celles qui rencontrent le plus de difficultés à entrer dans un processus de suivi et à adhérer aux recommandations. En effet la communication entre les familles et les professionnels de santé est loin d’être évidente. Non seulement cette catégorie a un accès limité au soin mais elle s’avère plus réticente à la prise en charge en raison de la discrimination négative dont les enfants obèses font l’objet. Qui plus est, les relations avec le médecin sont parfois vécues par ces familles comme des ” mises en accusation “.

 

Il apparaît pertinent d’étudier de manière approfondie ce qui se joue au cours de la trajectoire thérapeutique de ce type de population. Notre étude se propose d’effectuer une évaluation du parcours d’enfants en surpoids ou obèses issus de famille en situation de précarité en se basant sur les méthodes des sciences humaines (sociologie et anthropologie). Elle devrait permettre de mieux comprendre la trajectoire de ces familles, les interactions entre ces dernières et les professionnels de santé et la manière dont les recommandations débouchent ou pas sur des modifications des habitudes, tant sur le plan alimentaire que sur celui de l’activité physique. En repérant les blocages, les difficultés mais aussi les facteurs positifs dans la trajectoire de ces familles, cette étude se propose de dégager des pistes d’actions qui permettront une prise en charge la plus optimum possible pour ce type de public.