Quelques études récentes ont identifié chez l’enfant et l’adolescent un regroupement d’anomalies métaboliques, pouvant représenter une forme débutante du syndrome métabolique, avec, dans l’une d’entre elles, une augmentation des taux d’IL-6. Chez l’adulte, il est établi que l’état pro-inflammatoire, souvent associé au syndrome métabolique, est un élément déterminant de la physiopathologie de l’athérosclérose et pourrait participer au risque de développer un diabète. Par ailleurs il est de plus en plus clair que l’adipocyte - et les adipocytokines qu’il sécrète, telles que l’IL-6 – joue un rôle central non entièrement élucidé. Mais quels que soient les mécanismes sous-tendant la relation entre l’obésité, le syndrome métabolique et l’état inflammatoire, il existe une hétérogénéité dans cette relation. A côté des facteurs génétiques, ou en interaction avec ceux-ci, l’activité physique pourrait être déterminante mais son influence a été peu étudiée dans ce contexte notamment chez l’enfant.

 

L’objectif de ce projet est d’examiner les relations entre l’activité physique et l’existence ou la survenue, au cours d’un suivi de 4 ans, d’un syndrome métabolique ou d’un état pro-inflammatoire dans la cohorte de sujets témoins (520 adolescents initialement âgés de 11.6 ans) de l’étude ICAPS initiée en 2002. Notre hypothèse est que 1) l’activité physique est associée au risque de développer un syndrome métabolique et un état pro-inflammatoire indépendamment de ses effets sur la corpulence et la composition corporelle, contribuant ainsi à l’hétérogénéité des relations entre obésité et syndrome métabolique, 2) que les adipocytokines pourraient être impliquées dans ces relations. Notre objectif secondaire est d’examiner comment les polymorphismes génétiques de certaines adipocytokines (leptine, adiponectine) et de l’Il-6 modifient ces relations.

 

Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes sous-tendant les relations entre l’activité physique et la survenue d’un syndrome métabolique et, pour la première fois chez l’adolescent, d’un état pro-inflammatoire. Une meilleure connaissance de ces relations est essentielle pour la mise en place de stratégies de prévention efficace.